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Santé au travail : cultiver l’endurance plutôt que la performance

Publié: 22 août 2025

TELUS Health

Content Marketing Team

Travailler, c’est mobiliser son corps et son esprit

Dans les accompagnements que nous menons chez Stimulus, nous rencontrons de nombreux professionnels qui vivent leur quotidien comme une succession de sprints sans fin, parfois sans échauffement, sans récupération, voir sans ligne d’arrivée. Or, la santé au travail s’inscrit dans un temps long. Elle demande régularité, rythme, capacité à tenir la distance sans s’épuiser. À l’image d’une préparation au marathon, l’enjeu n’est pas de tout donner d’un coup, mais de savoir durer, et surtout, d’arriver debout

De plus en plus de coureurs amateurs s’équipent de montres connectées pour mesurer leur fréquence cardiaque, leur cadence, leur niveau de récupération. Le parallèle avec le monde professionnel est frappant : nous aussi, nous traquons des indicateurs, des KPI – nombre de mails envoyés, réunions enchaînées, taux de production … Et si cette surveillance permanente, même implicite, brouillait notre capacité à nous écouter ?   

Savoir lire ses indicateurs internes

Les montres connectées fournissent des données précieuses sur la performance physique, rythme cardiaque, vitesse, cadence, consommation d’oxygène, mais elles ne remplacent pas l’écoute attentive des signaux corporels.  

En course à pied, des études démontrent que les coureurs qui apprennent à reconnaître et à ajuster leur effort en fonction de leurs sensations perçoivent une meilleure gestion de la fatigue et évitent les risques de surmenage (Jones, A. M., et al., Medicine & Science in Sports & Exercise, 2019). Les capteurs sont donc utiles mais ils ne remplacent pas les ressentis du coureur : jambes lourdes, souffle court, perte d’envie. 

Au travail, les indicateurs internes ne sont pas moins essentiels. La recherche en psychologie cognitive souligne que la fatigue mentale affecte la prise de décision, la concentration et la mémoire de travail. Par ailleurs, une étude de van der Linden et al. (2005) montre que les signaux subjectifs de fatigue — tels que l’irritabilité, la difficulté à se concentrer ou la perte d’engagement — sont des prédicteurs fiables du risque d’épuisement

Parmi ces signaux, on retrouve souvent : 

  • La fatigue en fin de journée, liée à la déplétion des ressources attentionnelles    
  • L’irritabilité croissante, reflet d’une surcharge émotionnelle  
  • La difficulté à récupérer en dehors des heures de travail, associée à un stress chronique  
  • La perte de sens ou d’élan, indicateur d’une dissonance motivationnelle  
  • Les somatisations : migraines, tensions musculaires, troubles du sommeil, souvent corrélées à un stress prolongé 

Ces signaux constituent des « alertes précoces » à prendre au sérieux. Les ignorer peut entraîner un épuisement, au même titre que les signes physiques ignorés chez un athlète peuvent mener à des blessures. 

Réguler l’effort : une compétence professionnelle durable

En course à pied, la performance durable repose sur la gestion intelligente de l’effort. Au travail, cette compétence devient essentielle dans un contexte d’accélération constante. Voici quelques leviers concrets, issus à la fois de la pratique clinique et des recherches en santé organisationnelle et cognitive : 

• Moduler l’intensité selon les tâches cognitives

Comme un coureur adapte sa foulée selon le relief, il est essentiel d’ajuster son niveau d’engagement mental. La psychologie cognitive souligne que l’attention est une ressource limitée : une sollicitation continue sans pauses mène à une surcharge attentionnelle, fatigue mentale et hausse du risque d’erreurs.  Alterner tâches exigeantes (prise de décision, créativité, résolution de problèmes) et tâches plus routinières ou relationnelles, en intégrant des pauses, est un levier majeur pour préserver une performance durable. Organiser ses journées selon la charge cognitive plutôt que la seule disponibilité calendaire est une approche recommandée. 

• Intégrer la variabilité comme donnée de base

La physiologie humaine est fluctuante, avec des variations naturelles selon l’heure, le cycle hormonal, l’état émotionnel, ou encore le contexte.  Chercher une productivité linéaire est non seulement illusoire, mais peut être contre-productif. S’accorder des temps tampons, ajuster ses priorités et prévoir des replis entre deux phases exigeantes développe la résilience individuelle

• Restaurer les micro-récupérations

En physiologie de l’effort, les récupérations intégrées — très courtes mais régulières — sont indispensables. les études en psychologie cognitive (Ariga & Lleras, 2011) montrent ici encore que même de brèves pauses restaurent la vigilance et la performance.  Au travail, cela peut se traduire par des transitions ritualisées : marcher entre deux réunions, se recentrer avant un échange complexe. Ces micro-interruptions ne sont pas du temps perdu, mais des temps-clés de prévention contre la surcharge cognitive.

• Redonner de la valeur aux indicateurs internes

Face à l’omniprésence des KPIs externes, il est facile de perdre le contact avec ses signaux internes (corporels, émotionnels). Le ressenti du plaisir, de la clarté mentale, du sentiment d’utilité ou du niveau d’énergie sont des indicateurs précieux pour éviter le sur-engagement et le désalignement.

L’endurance invite à une autre temporalité, moins spectaculaire mais plus lucide. Elle nous engage à repenser notre rapport au temps, à l’utilité et au progrès. Ralentir n’est pas un signe de faiblesse, mais une stratégie d’intelligence et de long terme.

Le collectif aussi entre en jeu

De nombreuses entreprises lancent des challenges sportifs collectifs — défis de pas, courses solidaires, mobilités douces — qui renforcent les liens sociaux et rappellent l’importance du corps dans un environnement cérébral. Le soutien social est un facteur protecteur reconnu contre le stress. Pour être bénéfiques, ces initiatives doivent rester inclusives, non compétitives, et centrées sur le plaisir du mouvement.  

En conclusion, préserver sa santé au travail ne relève ni d’un effort héroïque, ni d’un équilibre ponctuel. C’est une capacité à s’autoréguler : écouter ses signaux internes, intégrer des respirations, poser ses repères. Les coureurs parlent d’endurance fondamentale : une allure modérée mais régulière qui développe le cœur sans l’épuiser, base de toute progression durable. Il en va de même dans nos vies professionnelles : tenir sans se blesser, avancer sans se consumer, voilà la clé d’une performance pérenne

Et si, cette année, vous choisissiez de renforcer votre endurance fondamentale ? 

Article rédigé par Marion LAGARDE, Manager Senior chez Stimulus by TELUS Health

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