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Comment les données sur la santé mentale aident votre entreprise à anticiper les défis

Publié: 26 mai 2026

TELUS Health

Content Marketing Team

Aujourd’hui en Europe, plus de 35 % des salariés présentent un risque élevé pour leur santé mentale, tandis que 43 % affichent un risque modéré. L’anxiété et l’isolement demeurent omniprésents : près d’un travailleur sur trois (29 %) à l’échelle du continent affirme que sa santé mentale a un impact négatif sur sa productivité au travail. 

Des États-Unis au Royaume-Uni, de Singapour à la Corée du Sud, le constat est identique. Fatigue chronique, déséquilibre entre vie professionnelle et vie privée, stress financier et instabilité économique : autant de facteurs qui exercent une pression sans précédent sur la main-d'œuvre mondiale. Ces tensions se traduisent concrètement par des problèmes de productivité, de l’absentéisme et un taux de rotation (turnover) accru.

Comment parvenons-nous à établir ce diagnostic ? Depuis 2017, nous suivons ces évolutions grâce à l'Indice de santé mentale (ISM) de TELUS, un outil précurseur que nous avons conçu pour analyser la santé mentale au travail à l'échelle mondiale. Nos résultats ont pour but de vous offrir une vision claire de l'état réel de vos collaborateurs, des facteurs qui influencent leur bien-être et des zones de tension émergentes — afin de vous permettre d'agir de manière stratégique. Nous savons que les organisations tournées vers l’avenir ne peuvent se contenter de données parcellaires ou purement rétrospectives. Elles ont besoin d’une vue d’ensemble en temps réel pour comprendre les tendances et prendre des mesures concrètes et efficaces. Cela commence par mesurer ce qui compte vraiment, tant pour la pérennité de votre entreprise que pour l'épanouissement de vos équipes.

Pourquoi le stress est un enjeu stratégique pour l'entreprise

Aujourd'hui, peu de dirigeants remettent en question le niveau de stress de leurs équipes. Ces cinq dernières années ont été marquées par des bouleversements à tous les niveaux : fluctuations du marché de l’emploi, instabilité géopolitique, secteurs d'activité sinistrés, transformation numérique sans précédent et restructuration fulgurante de nos méthodes de travail sous l'impulsion de l'IA générative.

Le rapport 2025 de Gallup sur l'état du milieu de travail mondial révèle que la baisse de l'engagement a coûté à elle seule 438 milliards de dollars à l'économie mondiale l'an dernier. À l'échelle du globe, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que 12 milliards de journées de travail sont perdues chaque année à cause de la dépression et de l'anxiété, ce qui représente environ 1 000 milliards de dollars de perte de productivité annuelle.

Par ailleurs, un stress prolongé est étroitement lié à de graves problèmes de santé physique, tels que les maladies cardiovasculaires, le cancer, le diabète et les troubles musculosquelettiques (TMS) chroniques.

Lorsqu'il n'est ni identifié ni traité précocement, le stress devient cumulatif : il s'accumule jusqu'à ce que les collaborateurs atteignent un état d'épuisement physique, émotionnel et mental total. C'est le burn-out. Et contrairement à une grippe, il ne disparaît pas après quelques semaines de repos. Le burn-out se prévient et se traite par des changements concrets, notamment la mise en place de systèmes de soutien stratégiques, le renforcement de la confiance et l'amélioration de la culture d'entreprise.

Selon les estimations du McKinsey Health Institute, une amélioration du bien-être des salariés pourrait libérer jusqu'à 11 700 milliards de dollars de valeur économique mondiale, grâce à la réduction de l'absentéisme, à la baisse des coûts de santé et à une productivité accrue.

Comment exploiter les données pour éclairer votre stratégie d'entreprise

Le véritable défi consiste à identifier la montée des tensions avant qu'elles n'impactent vos indicateurs de performance (KPI). Le problème est que le stress n'est pas un phénomène uniforme et qu'il n'affecte pas chaque individu de la même manière. Ses déclencheurs sont multiples : surcharge de travail, pressions financières, responsabilités familiales (aidants), troubles du sommeil, manque de reconnaissance ou encore absence de sécurité psychologique, pour ne citer que quelques exemples. Ces facteurs varient également selon les profils démographiques et les zones géographiques. Sans une visibilité claire sur ces schémas, les dirigeants en sont réduits aux conjectures pour déterminer la meilleure réponse à adopter.

Comment fonctionne l’Indice de santé mentale ?

C’est précisément pour répondre à ces enjeux que nous avons créé l’Indice de santé mentale (ISM). Chaque trimestre, nous interrogeons des actifs dans 12 pays et régions, notamment au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Europe et en Asie-Pacifique. Les données recueillies reflètent la composition réelle de la population active de chaque région selon l'âge, le sexe, le secteur d’activité et la zone géographique. Cela nous permet d'établir un référentiel (benchmark) représentatif.

Contrairement à de nombreux outils, nous ne nous contentons pas de mesurer la satisfaction au travail. Nous évaluons l'état de santé réel des collaborateurs : leur capacité de concentration, la qualité de leur sommeil, leur gestion de la pression et leur niveau de performance. Nos enquêtes recensent les facteurs de stress personnels et professionnels, tels que les contraintes financières, l’isolement ou la charge de travail. Grâce à un système de notation validé scientifiquement, nous transformons les réponses individuelles en valeurs chiffrées pour générer un score de santé mentale unique de 0 à 100, permettant ainsi de mesurer les niveaux de risque pour votre organisation :

Des scores plus bas indiquent une détresse accrue et un risque plus élevé pour la santé mentale, ce qui entraîne un impact plus élevé sur le bien-être et la productivité. 

Le suivi permanent de ces mêmes mesures nous permet d'identifier les signaux faibles dès leur apparition. 

Quand la précarité financière augmente, le risque de performance s'accroît :

En Italie, les travailleurs ayant réduit leurs dépenses de santé et de bien-être en raison de contraintes financières affichent des scores de santé mentale inférieurs de près de 10 points à la moyenne nationale ; par ailleurs, 32 % des salariés déclarent que leur santé mentale nuit à leur productivité.

Quand le sommeil se dégrade, le risque de burn-out s'élève :

En Nouvelle-Zélande, les travailleurs insatisfaits de leur sommeil présentent des scores d’ISM inférieurs de près de 16 points à ceux qui dorment bien. 35 % d'entre eux affirment que le manque de sommeil a fait baisser leur productivité, tandis que 54 % signalent une baisse de leur capacité de concentration.

Quand l'optimisme progresse, la concentration et la prise de décision s'améliorent :

Au Canada, l'amélioration du sous-indice de l'optimisme en juin (par rapport à mars) a été corrélée à une hausse de la productivité d'un trimestre à l'autre.

L’adaptabilité de notre méthodologie

Chaque trimestre, nous analysons les facteurs d’actualité, qu’ils soient internes ou externes au cadre professionnel. Les pressions externes incluent la précarité financière, les responsabilités d'aidants familiaux et l'instabilité économique ; les facteurs internes, quant à eux, englobent la charge de travail, les relations managériales, la sécurité psychologique et la reconnaissance.

En juillet 2024, nous avons étudié l'impact de la ménopause en milieu professionnel. Aux États-Unis, nous avons constaté que 67 % des femmes se sentent mal préparées et peu informées sur le sujet, ce qui les rend presque deux fois plus susceptibles de manquer d'optimisme et de présenter des symptômes dépressifs. D'autres enquêtes ont porté sur la dynamique des équipes intergénérationnelles et l'impact du bien-être financier. Nos recherches suivent de près les enjeux réels auxquels les individus font face, afin de vous aider à identifier les domaines où le besoin de soutien est le plus critique.

L’importance d’un accompagnement sur mesure

Chaque groupe démographique réagit différemment aux pressions. Par exemple : En Europe, les femmes sont 45 % plus susceptibles que les hommes de ressentir un burn-out extrême et, depuis le début de l'année, leurs scores de santé mentale sont inférieurs de six points à ceux de leurs homologues masculins. Les jeunes Européens sont, quant à eux, 65 % plus susceptibles d'éprouver des difficultés de motivation que leurs collègues de plus de 50 ans. Au Royaume-Uni, 26 % des travailleurs affirment que leur santé mentale nuit à leur productivité ; les jeunes actifs y sont d'ailleurs 60 % plus enclins à avoir une perception négative d'eux-mêmes en cas de trouble psychologique, comparé aux salariés de plus de 50 ans.

Comprendre ces nuances permet aux dirigeants de concevoir des dispositifs de soutien adaptés et pertinents. Cela prouve que le bien-être n’est pas un concept générique, mais une démarche délibérée et ciblée.

Liste d'actions pour les dirigeants

  • Établir un référentiel (Benchmark) : Utilisez l’ISM comme base de référence pour évaluer l’état de santé mentale de votre organisation par rapport aux tendances globales du marché du travail.
  • Croiser les sources de données : Reliez les résultats de l’ISM à vos indicateurs internes (productivité, rétention, absentéisme) pour identifier précisément les points de tension.
  • Outiller les managers : Assurez-vous que vos encadrants disposent du vocabulaire, des outils et des ressources nécessaires pour détecter les premiers signes de détresse chez leurs collaborateurs.
  • Détecter les signaux faibles : Surveillez l’évolution des indicateurs clés (sommeil, stress financier, optimisme) afin d’intervenir avant que les problèmes ne s’aggravent.
  • Cibler les interventions : Concevez des programmes de soutien adaptés aux facteurs de stress spécifiques de vos équipes, plutôt que d’adopter une approche uniforme « prête à porter ».
  • Mesurer les progrès : Réalisez des enquêtes périodiques et comparez les résultats initiaux aux indicateurs de performance de l'entreprise pour vérifier l'efficacité des mesures prises.

Lorsque vous comprenez la réalité du vécu de vos collaborateurs — qu’il s’agisse de stress financier, de surcharge de travail, de manque de reconnaissance ou d’isolement — vous pouvez agir plus tôt. Avec clarté. Avec empathie. L’avenir appartient aux entreprises qui font du bien-être et de la performance les deux piliers d’une même réussite. 

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